Deux personnes
Toute l'équipe, cuisine incluse.
Deux personnes, deux années de travaux, un principe simple : garder les chevalets contre le mur et poser des cartes là où ils travaillaient jadis.
Des bâches oubliées cachaient quatre chevalets encore debout, avec des lanières accrochées à des clous forgés à la main.
L'ancien atelier de coupe est devenu la salle de cartes : sans fenêtre sur la rue, ni le bruit de la circulation ni les reflets ne viennent gêner les joueurs.
Le reste a suivi tout seul : un comptoir en noyer, une petite cuisine, et une capacité qui plafonne à seize couverts.

Toute l'équipe, cuisine incluse.
La capacité totale, sur un seul service.
Un salon distinct, avec son propre tempo.
On joue pour le plaisir, pas pour l'argent : rien ne se pose sur la table au début, rien ne se récupère à la fin, et personne ne doit un centime en repartant.
Le menu suit ce que livre le marché de la place de Verdun ; sans arrivage, on retire carrément le plat au lieu de bricoler un substitut.
Passé une certaine heure, on ne laisse pas partir un conducteur fatigué : quelqu'un lui commande un taxi, sans discuter.
Derrière elle : des chevalets, un menu du soir, quatre tables. Une adresse pour adultes, du premier verre à la dernière partie.
On ne joue pas à travers un écran : aucun compte ouvert ici, aucune mise possible, aucun gain à récupérer. Tout se joue rue Brauhauban, point final.